Extrait de Aphorismes de Jeune Fille, Réseau Tu Dois, 2016AphorismesSITE5

On ne vit jamais que pour un autre ou des autres. Chez ceux qui ne vivent que pour eux-mêmes, la vie en eux, d’étouffement, est morte. Ayant alors un besoin diabolique d’exister, et comme c’est la mort seulement qu’ils portent, ils tuent les autres pour se sentir exister.

Ne pas pouvoir… Quoi ? Ne pas pouvoir.
Ne pas pouvoir… ne pas pouvoir.

Vivre… se réveiller, se réveiller ! Rêver sûrement et pas peut-être.

Que se passe-t-il quand il ne se passe rien ? TOUT.
Et c’est bien écrasant ! Il vaut donc mieux qu’il se passe quelque chose…

Parfois on ressent comme une envie de mourir. Plus de passé, plus de futur. Plus rien ne vient ni veut se faire prendre.
Insomnie. Petit matin à la lumière diaphane à en déchirer les paupières…
Déesse EUROPE aux pieds d’argile s’effondre, lentement elle n’en finit pas de mourir. On touche le fond, on se déchire. Et — miracle — comme venant d’une rive qu’on n’attendait plus, le désir de vivre inonde…

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Les sorcières, les fantômes, les vampires vivent la nuit, pas le jour. Certains humains vivent la nuit ; d’autres le jour. Les humains diurnes ne tiennent pas à rencontrer les vampires, les sorcières et les fantômes. Les humains nocturnes ne tiennent pas à rencontrer les humains diurnes et, je crois, les humains tout court.

Quand on dit que la réalité dépasse la fiction, c’est dans une situation d’horreur. Pour une période heureuse, on dit se trouver dans un conte de fées. Or toutes sortes de monstres jalonnent les contes de fées. L’Aujourd’hui sonne dans le pire conte de fées. Avec des monstres de toutes sortes…

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