Catégorie : Le Majordome

L’EXPRESS

Janvier 1992

Frederika Abbate dans un livre étrange et envoûtant (Le Majordome, Belfond), condamne son héros à errer à jamais autour de la virginité de son amante: « La plupart des femmes n’aiment pas les hommes, moi, si, se défend-elle. Les femmes sont généralement trop occupées à s’autocontempler. Moi, je veux que le lecteur tourne autour de la virilité de l’homme, une virilité qui se cherche face à la virginité de l’héroïne. C’est un livre à la gloire du phallus. » Frederika ajoute : « Je n’aime pas le pouvoir. J’aime la puissance. » C’est l’aveu majeur, émouvant et tragi-comique, de ces romans érotiques au féminin.

Jacqueline Remy

Le Journal de Ben

novembre 90

Frederika Abbate a enfin sorti son livre, Le Majordome chez Belfond. Le Pillouër dit que c’est un chef d’oeuvre. Ce que je lui reproche c’est que ce livre ne me fait pas bander ou plutôt disons qu’à chaque fois qu’un passage pourrait commencer à me faire bander le passage suivant me fait débander. Par contre c’est bien écrit, ça swingue et ça sonne bien aux oreilles. J’aimerais bien qu ‘on me présente un jour Alice.
Voici un passage qui me plaît:
« Toute nue, Alice marche dans l’appartement en faisant claquer très fort ses talons. Elle se rend surtout dans la cuisine pour éblouir Aimé et Célestine. Comme j’ai honte! Je me demande au nom de quoi je pourrais avoir encore un quelconque crédit auprès de mes domestiques. Ce n’est pas la nudité d’Alice qui est scandaleuse. C’est l’ostentation de ma femme à diriger sa nudité vers eux. Elle est nue à leur intention, pour eux: alors que les domestiques sont les accessoires de nos actions! Sa conduite me désespère. Horrifié, fasciné, je m’immobilise au seuil de la cuisine pour ne rien perdre de ce spectacle. »
On devine l’humour de Frederika dans chaque situation on pourrait l’entendre lire ces lignes avec sa petite voix d’enfant sage et acide.
Ceci étant après lecture du livre je me demande qui est Alice est-ce Frederika elle-même? Et qui est Benjamin? est-ce moi? (je ne suis pas impuissant!)

Le Journal de BEN

Octobre 1991

Frederika Abbate a eu son premier roman pris par un grand éditeur, Belfond. Elle m’a téléphoné pour me le dire et m’a dit : « Tu sais, c’est aussi grâce au MAC que tu m’as prêté ». Je ne sais pas si c’est vrai mais ça m’a fait plaisir.

Ben

FEMME

Octobre 1991

Des péchés, Le Majordome (Belfond) déshabillé par Frederika Abbate, les affectionne à toutes les sauces.
Cet « Aimé » est prêt à se mettre en quatre ou en soixante-neuf pour tout 5 à 7 exigé par ses employeurs. Sa faculté à combler les désirs de ses patrons est une aubaine. Ce maître queue, grand toqué de l’amour, tente d’attiser les pulsions éteintes de l’époux du couple en lui faisant découvrir les charmes de Sodome, tandis que sa femme époussette ceux de Lesbos. Une étrange ambiance, moite, vive et à vif, s’installe. Torride et sulfureux, ce livre bien écrit ne sombre jamais dans la vulgarité. L’amour est juste un cercle vicieux.

Thierry Billard

 

L’instant

Septembre 1991

Pour ses débuts en littérature, Frederika Abbate affiche des ambitions et des convictions dont on sera curieux de suivre l’évolution.

Un couple est le jouet de ses valets, singulièrement du majordome, engagé comme goûteur et dont la très particulière conscience professionnelle va faire un grand ordonnateur des pompes amoureuses. Une manière de huis clos autour du désir, de la virginité perçue comme une fatalité, de la cruauté comme une métaphore du désir.

M.B.

Voici

Août 1992

Frederika Abbate a puisé son exotisme à deux pas de l’Hexagone, à Tunis où elle est née. Mais elle a grandi à Nice, puis à sagement fait Lettres en faculté, avant de broder ce délicieux ouvrage de dame à la gloire du phallus; Le Majordome, éditions Belfond). Et pour un coup d’essai (c’est son tout premier roman) c’est un coup de maîtresse!

Caroline Babert