Catégorie : Textes (page 1 sur 3)

Anne van der Linden-Des déesses, des dieux et des fleurs

in ZOO, White Rabbit Prod, « Pool of Tears »
oeuvres de Anne van der Linden exposées  à la galerie Corinne Bonnet, Paris

J’aime les fleurs et Anne van der Linden. Les deux sphères me sont aussi mystérieuses et réconfortantes l’une que l’autre. Une fois qu’on a goûté au charme puissant des fleurs et de l’art van der Linden, on ne peut plus s’en passer. Que font les fleurs et cet art sinon vous retourner comme un gant ? Leur pouvoir d’éternité tient dans l’éphémère. La puissance de leur beauté vient de leur fragilité. Peu d’œuvres au monde, qu’elles soient le fruit de la nature ou de l’artefact, sont aussi délicates et complexes que les images signées van der Linden.

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Le désir nu

texte consacré à Laure (Colette Peignot) paru dans  Les Cahiers Laure, février 2013

Le désir nu de Laure… au-delà d’être nue. Rien ne peut suffire à Laure, pas même sa propre nudité. Car d’être tout, elle n’est rien. En propre Laure n’a rien. Et le sale dès lors n’a plus de valeur. Transmutation infinie de l’instantanéité. Quand le sale n’est plus sale, avec quoi donner du goût à la vie?
Personne n’a utilisé Laure, ni ne l’a dominée. Intraitable comme le varech, les troncs d’arbre qui ne se dominent que par la destruction. Laure ne voulait pas la mort. Elle l’était.

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Qu’est-ce que la littérature érotique?

paru dans Qu’est-ce que la littérature érotique? 60 écrivains répondent, éditions Zulma, 1993

Du point de vue du genre, la littérature érotique n’existe pas. C’est le roman, ou plus exactement le romanesque, qui fait la littérature. Le romanesque est un certain type de travail de l’écriture, une recherche dans le sens du plus grand élargissement qui soit; la littérature passe outre la distinction des genres. C’est pourquoi, dès qu’il s’agit véritablement de littérature, la question du genre ne se pose pas.

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Jamais un coup de dés

texte consacré à Giacomo Casanova paru dans BIL BO K, juin 2003

«Il oublie tout ce qui ne lui tint pas au cœur. Il dit que tout se filtre tout seul et qu’il faut laisser couler.», voici ce que Henri-Pierre Roché dit de Marcel Duchamp (1). Une apparence de je-m’en-foutisme, mais alors qui serait royal… L’être désinvolte dérange bien sûr l’ordre établi et il y a fort à parier que si cette particulière manière d’être, —l’étymologie du mot, italienne, est : «libre, dégagé»—, revêt depuis longtemps un aspect négatif, la désinvolture étant vue comme un défaut, proche de l’irresponsabilité, de l’amateurisme, c’est tout simplement parce que son ressort premier est la liberté, le détachement par rapport aux paramètres, aux carottes par quoi les humains s’enchaînent mutuellement. Lire la suite

Une nouvelle nostalgie

texte consacré à l’essai de Pacôme Thiellement, La Victoire des Sans-Roi

à frère Pacôme

Je crois qu’il y a toujours une distension, distorsion ou… tension entre l’appel du néant et l’appel de l’existence. L’appel du néant, qui sourd constamment, peut prendre des formes diverses. Et peut-être que l’une de ses formes les plus épurées est la nostalgie.

Pacôme Thiellement m’a fait connaître, dans La Victoire des Sans Roi, un versant passionnant de la nostalgie, par les écrits gnostiques (ceux qu’il commente et aussi les siens) : la chute dans la matière. Cette chute que je voyais, avant de l’avoir lu et comme je la vois toujours, comme le vide essentiel.

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La coupure

paru dans White Rabbit Dream vol.1 LA COUPURE, octobre 2017

Gordon H. (leader)

Nous relevons pas mal de pertes. Un certain nombre d’entre nous sont morts. D’autres sont partis. Et il y a ceux que nous avons dû bannir. Je ne me rappelle pas les noms de ceux que nous avons perdus, quelle que soit la manière dont cela s’est produit. Après ce que nous avons traversé ensemble, je le reconnais, c’est abject.

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Antonin et la servante

extrait du roman Virginité, paru en 1997 dans l’Anthologie du Coït de Mathias et Jean-Jacques Pauvert 

Antonin passe lentement d’un sein à l’autre, les imprimant peu à peu de ses délicates morsures si bien que, pour Ysabel, les bouts mordus ont cessé d’être siens. Ils ne sont plus que le mets d’Antonin et, dans cette déperdition, tout ce qu’elle espère, et qu’il la prenne toute en pâture. Soudain, il se place au-dessus d’elle, ses fesses se posant presque sur le buste de la femme.

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Amour de La Fille-Miroir

Texte consacré au roman graphique  de Nicolas Le Bault, La Fille-Miroir

Merveilles et Révélations

J’ai toujours aimé Alice. D’un amour des plus profonds. Alice… plus qu’une héroïne de roman. Un personnage légendaire, une icône… un mythe.

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Joli le temps

texte consacré à Ernesto De Martino paru dans  Bil Bo K, mai 2012

Joli le temps où pouvait se dire Je est un autre. Plus flamboyant l’univers quand je n’existais qu’à peine et qu’alors il existait de partout. Et en tout. Autre était je. Qui pouvait se briser dans les bruissements des feuilles. Et perdre ses contours encore souples et doux dans les volutes d’un vent qui pouvait l’embrasser jusqu’à presque l’éteindre. Joli le temps où je et la nature existaient plongés l’un dans l’autre. Dans un combat qui ressemblait à l’amour.
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La nageuse

Librement inspiré de « Subversion du sujet et dialectique du désir »  de Jacques Lacan, paru dans  BIL BO K International, n°1 SUBVERSION, mai 2010

La subversion dans cette très véridique fable colle parfaitement à son étymologie: renverser. Démontée jusqu’à son ressort secret elle surgit, et peut-être au moment où on s’y attend le moins, dans son processus de renversement radical. Et, ce n’est là paradoxe qu’en apparence, elle apparaît précisément à l’exact opposé de ce qui, d’elle, se croit habituellement. Plongeant au cœur de la psyché, étant même ce qui la fonde, cette subversion saisie peut servir de grille de lecture pour toute subversion.

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